Yoshio SuginoDéfinition :

Le Kobudo est la pratique des armes japonaises classiques.
Le style pratiqué au sein de l’Aïkibudo est l’école Katori Shinto qui a été créée au XVe siècle.

Une des caractéristiques de cette école est de travailler sur les différentes distances de combat. Le but de cette étude est d'enrichir le potentiel technique du pratiquant et de lui donner une plus grande aisance gestuelle par la manipulation d'armes de longueurs variées.

Historique :Iizasa Chosai, le Fondateur du Katori

Le Tenshin shoden katori shinto ryu est une doctrine militaire initiée par Iazasa Choïsai Ienao, natif du village Iishino, de Katori à l'époque du shogun Ashikaga Yoshimasa (1449-1472). Cette doctrine s'est perpétuée jusqu'à nos jours dans la région de Katori, et dont Katori Jingu est depuis toujours le sanctuaire.

Iazasa, depuis son adolescence, avait montré un très vif intérêt pour l'art militaire et les méthodes de combat. Ayant pris part à de nombreux combats et fort d'une dextérité rare, il n'avait jamais connu la moindre défaite. Il avait pu ainsi étendre son territoire jusqu'au point d'annexer les régions avoisinantes.

La soixantaine passée, il se rend à Kyoto pour se mettre au service de shogun où il est recruté comme maître d'armes. Pas encore totalement satisfait de sa pratique, il décide de s'adonner à l'ascèse afin que sa recherche devienne beaucoup plus spirituelle. Il se retire et passe mille jours et mille nuits au mont Umeki (la montagne des prunes) à méditer sur l'art militaire.

Depuis longtemps, le sanctuaire Katori Jingu n'était pas seulement réputé comme abritant la Divinité titulaire des affaires militaires mais aussi comme le meilleur des centres d'étude et de pratique de kenjutsu et de yarijutsu. De jour en jour, il lui était donné de toucher de plus près une vérité d'une incommensurable profondeur, comme s'il était en contact permanent avec les divinités.

Une nuit, il vit en rêve la Divinité de Katori (Futsu-Nushi-no-Mikoto) qui lui remit un rouleau de parchemin sur lequel il put lire ; " tu seras le maître de l'Epée" ainsi qu'un volume du Heihi shinto, livre de stratégie militaire écrit de la main de la Divinité. A l'âge de soixante dix ans, répondant à la volonté céleste, il entreprit de transmettre sa doctrine et sa technique. Il ouvre un dojo et décide de nommer son art "Ten Shin Sho Den Shin To Ryu" : "la transmission inaltérée de la vérité Divine par la voie céleste".

Il meurt à 102 ans le 15 avril 1488.

© Alain Floquet - Lettre du CERA - 1999